judaïsme
JUDAÏSME
Le judaïsme est une tradition définissant à la fois la culture religieuse et le mode de vie des Juifs, constitué des descendants des Israélites provenant de l’antique terre d’Israël et des quelques minorités les ayant rejoints par la conversion et s’étant mélangées à eux au fil de leur diaspora de deux millénaires. Le judaïsme comporte des éléments religieux mais ne s’y limite pas puisqu’il contient, outre ses codes de conduite, des lois, des rites, et des coutumes non spécifiquement religieuses. Selon ses textes fondateurs, en particulier le Tanakh* (voir Texte et textes juifs), la foi des anciens israélites et de leurs descendants, les Juifs, serait basée sur une alliance contractée entre Dieu et Abraham, qui aurait ensuite été renouvelée entre Dieu et Moïse.
La seconde destruction du Temple et de Jérusalem et la dispersion des Juifs dans le monde donna naissance à plusieurs traditions religieuses juives. Les valeurs et l’histoire du peuple juif sont à la source des deux autres religions abrahamiques, le christianisme et l’islam.
1-Fondements du judaïsme
Le judaïsme révère Dieu comme l’Autorité suprême au moyen de l’interprétation et du respect de Sa Loi, la Torah révélée au prophète Moïse. Cette Loi, d’abord orale, fut ensuite couchée par écrit dans la Bible (le Tanakh), puis commentée au fil des siècles, générant ainsi une grande diversité d’interprétations. Tous les courants du judaïsme, anciens et modernes, professent ainsi certaines croyances communes. Malgré ces croyances communes, le judaïsme témoigne de divergences d’orthodoxie théologique. Même dans les cercles les plus traditionalistes, celui qui pratique la Loi reste libre de penser de façon originale.
Le développement du judaïsme fut progressif et témoigne de paradigmes successifs et parfois opposés. Après le retour des exilés de Babylone, la religion mosaïque se divisa entre Judéens (Juifs) et Samaritains, ces derniers récusant l’interprétation de la Torah que proposent les prophètes ainsi que la centralité de Jérusalem. Le judaïsme du Second Temple fut lui-même l’un des plus diversifié de l’histoire juive.
1-Lois alimentaires : cacherouth
Kasher (ou cacher, ou cachère) signifie « propre à la consommation ». Cependant, ce terme très général s’entend généralement dans le sens de « lois alimentaires juives ». La cacherouth peut donc se définir comme « sanctification de l’alimentation ». Les lois de la cacheroute sont enseignées dans le Lévitique. On apprend de ce contexte qu’elles concernent tant la pureté rituelle et la sainteté que la santé. Le but avoué de la cacherouth est de faire prendre conscience que seuls les aliments autorisés sont ceux qui proviennent de sources dont les aspects « spirituellement négatifs » comme la douleur, la maladie ou la malpropreté sont absents, et dont la préparation ne s’est pas assortie de pratiques comme la chasse, la torture etc…
2-Evénements au cours de la vie d’une personne juive
Il s’agit d’événements survenant au cours de la vie d’une personne, et qui la lient à la communauté : la Brith milah, circoncision, c’est-à-dire ablation du prépuce des garçons au huitième jour de leur naissance, en référence à l’Alliance d’Abraham. Bar et Bat mitzva sont les passages à la majorité religieuse, 13 ans pour les garçons, 12 ans pour les filles, correspondant à la majorité juive. Pour le mariage, sous un dais nuptial, la houppa, qui symbolise une maison heureuse, à la fin de la cérémonie, le marié brise un verre avec son pied, une coutume visant à remémorer que la joie ne peut être complète tant que le Temple n’aura pas été reconstruit. Pour le décès et le deuil, qui tient une place excessivement importante dans le judaïsme et suit un rite très hiérarchisé, les parents au premier degré, déchirent leur chemise. Les parents masculins et le conjoint lisent le Kaddish des endeuillés.
3- Quelles sont les conditions pour dire qu’une personne est juive ?
Traditionnellement, est considérée juive la personne née de mère juive ou convertie en accord avec la Loi juive. Les mouvements libéraux , comme le judaïsme reconstructionniste, déclarent également Juifs les personnes nées de mère non-juive si le père est juif et si l’enfant a été élevé dans la pratique du judaïsme. Toutefois, ces personnes ne sont pas considérées comme juives par les mouvements orthodoxes ou conservateurs, pas plus que ne le sont des personnes converties par un tribunal rabbinique non orthodoxe. Un Juif cessant de pratiquer, de croire, reste juif. Il en va de même pour un Juif converti à une autre religion.
La question reçut un nouveau retentissement lorsque, dans les années 1950, David Ben Gourion, en vue de former un Etat juif laïque, demanda plusieurs opinions, dans le monde religieux, mais aussi dans la communauté intellectuelle internationale, quant à savoir qui peut, étant considéré juif, bénéficier de la « loi du retour »(octroi automatique de la nationalité israélienne à qui en fait la demande, pour autant qu’il soit juif). La sentence ne satisfait pas à l’opinion orthodoxe, puisqu’on peut remonter à un seul grand-parent juif pour se considérer juif et prétendre à la loi du retour. C’est pourquoi la question n’a pas été résolue et refait surface dans les débats politiques israéliens de temps à autre.
2- Symboles du judaïsme
Depuis le 13e siècle à peu près, le symbole du judaïsme est l’Etoile de David dont la traduction littérale est bouclier de David. Cette étoile à 6 branches représente le symbole que le roi David avait apposé sur son bouclier et qui l’a protégé durant ses combats. Elle symbolise donc pour les Juifs une protection.
Le plus ancien symbole du judaïsme est La Ménorah, chandelier à sept branches, qui se trouvait dans le Temple de Jérusalem.
3-Lieux de culte
Le terme Synagogue, lieu de rassemblement, désigne des lieux d’étude et de culte juifs. Les synagogues comportent habituellement des pièces séparées pour la prière (le sanctuaire principal), de plus petites pièces pour l’étude, et souvent une pièce destinée au rassemblement communautaire ou aux tâches éducatives. Il n’y a pas de plan préétabli, et l’architecture, tant d’extérieur que d’intérieur, varie grandement. Toutefois, on retrouve généralement les éléments suivants : une arche où l’on garde les éléments de la Torah, une plate-forme de lecture surélevée.
D’autres bâtiments d’importance sont les yeshivot, Institutions d’études des textes du judaïsme, ou les mikvé, où se trouvent les bains rituels.
4-Texte et textes juifs
La littérature juive est généralement divisée en : littérature biblique, c’est-à-dire le canon juif des Ecritures, le TaNaKh (Torah, Neviim, Ketouvim) ; littérature talmudique, c’est-à-dire de l’époque talmudique, ne se limitant pas au Talmud ; littérature rabbinique, des sages post-talmudiques jusqu’à nos jours.
Littérature biblique : le Tanakh est le livre le plus saint pour le peuple juif, et la Torah est la partie la plus sainte du Tanakh. Elle a été dictée selon la tradition, à Moïse par Dieu. La Torah n’a fait l’objet d’aucune discussion quant à son caractère divin, alors que les livres des Prophètes ainsi que les Autres Ecrits faisaient l’objet de débats intenses.
Littérature talmudique : la Torah a été soumise à une continuelle exégèse depuis qu’elle fut donnée aux enfants d’Israël. Le gros de l’exégèse fut cependant oral, avant d’être codifié. Il s’agit de : la Mishna et ses commentaires, la Tosefta et les traités mineurs, le Talmud de Jérusalem et ses commentaires, celui de Babylone et ses commentaires.
La Mishna est la première compilation, suivie de la Tosefta, qui s’en veut déjà commentaire. Laconique et sans références, elle nécessite cependant sa propre exégèse afin de relier Lois orale et écrite. Celle-ci fut réalisée en deux centres séparés de la vie spirituelle juive, Babylone et la Galilée, pour donner le Talmud de Babylone et le Talmud de Galilée, improprement appelé « Talmud de Jérusalem »
Littérature rabbinique : si elle s’occupe essentiellement de codifier les lois dispersées dans le Talmud sans organisation apparente, la littérature rabbinique se diversifie, traitant de poésie, de philosophie, de théologie ou d’ésotérisme. La philosophie juive de l’époque des Lumières est beaucoup plus proche de la philosophie que du judaïsme, bien qu’elle y retourne au 20e siècle sous la plume d’Emmanuel Levinas (l’un des premiers, en France, à introduire la pensée de Husserl et Heidegger), ou, pour les éléments plus religieux, celle de Richard Rubenstein (éducateur dans la religion et écrivain dans la communauté juive américaine, qui a contribué à la théologie de l’Holocauste). Il s’est également développé une théologie post-Holocauste, interrogeant le « silence de Dieu », avant de s’intéresser à la place du Juif dans le monde, l’histoire, la politique. La kabbale*(voir annexe 5), pensée juive mystique puise ses sources dans l’étude de l’Acte de Création et de l’Acte du Char, dont quelques passages ont été retranscrits dans certains traités du Talmud. Elle s’entoure de secrets et de mystère, prône une lecture ésotérique, voire des méthodes totalement originales d’interprétation de la Bible. Elle propose une vision téléologique de l’histoire, comme étant liée au peuple juif. La pièce maîtresse de cette littérature est le Zohar.
5- Fonctions religieuses dans le judaïsme
1- Lévites et Cohanim : il existe dans la Bible une caste sacerdotale, les Cohanim , qui s’occupaient principalement des sacrifices, et les Leviim, qui avaient pour fonction la manutention du Temple. Toutefois, Lévites et Cohanim ne sont plus en activité depuis la destruction du Second Temple.
2- Rabbinat : bien que détenteurs d’une autorité spirituelle de plus en plus grande dans le judaïsme, cumulant les fonctions d’arbitre en matière d’observance religieuse, de maillon dans la chaîne de transmission du savoir , d’autorité morale, d’exemple, d’officiants, les rabbins ne furent pour autant jamais considérés comme intermédiaires entre Dieu et les hommes, ce rôle n’étant tenu que par des prophètes. Le rabbinat devint une profession officielle en France, sous Napoléon, les rabbins devenant ministres du culte, soumis à une hiérarchie (rabbin, grand rabbin etc…) et rémunérés pour cette fonction spécifique. L’accès des femmes au rabbinat fut un sujet polémique, au sein du judaïsme orthodoxe comme du judaïsme réformé. Il reste exceptionnel en Europe que les femmes tiennent un rôle majeur dans l’organisation des offices ou deviennent rabbin. En revanche, aux Etats-Unis et au Canada où les formes libérales du judaïsme sont majoritaires, les femmes rabbins sont plus nombreuses.
3- Officiants : l’officiant est souvent un rabbin. Toutefois, ce rôle peut échoir à n’importe quel membre de la communauté que l’on souhaite honorer, pour autant qu’il ait atteint la majorité religieuse. Le chantre est un vocaliste tenant le rôle d’officiant, lecteur de la Torah. Le maître de lecture est la personne lisant la section hebdomadaire de la Torah, rôle que tout homme( ou femme dans les formes modernes du judaïsme) ayant atteint sa majorité religieuse et capable de lire la section hebdomadaire peut remplir.
4- Autres positions religieuses spécifiques : il existe des juges rabbiniques, c’est-à-dire des rabbins experts en législation juive. Ils dirigent des tribunaux rabbiniques ; des experts en matière de circoncision, dans le respect des rites ; des abatteurs rituels, chargés d’abattre les bêtes de façon à ce qu’elles soient cachères ; des scribes, écrivant des rouleaux de la Torah, selon la calligraphie traditionnelle en suivant un schéma très précis etc …