mésopotamie

Publié le par marie m

Mésopotamie, le berceau de notre civilisation

 

La Mésopotamie est « le pays entre deux fleuves » : le Tigre et l’Euphrate et couvre un immense territoire, limité au Nord par le Caucase et au Sud par le golfe Arabo-Persique. Il englobe ainsi l’Irak et le Koweït, une partie de l’Iran à l’Est, de la Syrie au Nord-Est et de la Turquie au Nord-Ouest.

Il est une mosaïque de peuples et un métissage des hommes et des cultures : la Mésopotamie s’est constamment nourrie d’apports de populations distinctes aux langues parfois très éloignées. C’est précisément à ce métissage qu’elle doit sa force et sa culture.

1-La terre, la ville, des cités-états

La terre : d’une agriculture de subsistance à une agriculture productive. Il y a 8500 ans, 3000 ans après les balbutiements de l’agriculture, l’irrigation des terres est mise en place en Mésopotamie. Au niveau de l’élevage, l’homme cherche par différentes techniques, à améliorer les espèces qu’il a domestiquées et à tirer le meilleur parti de leur production.

La ville : urbanisme et commerce : Comment le village devint une ville ? Les conditions naturelles imposant une collaboration accentuée, les communautés grossissent, se structurent et deviennent urbaines .L’irrigation mettant en valeur les terres arides, la hausse de la production agricole génère un réseau de canaux sur lesquels on fait circuler la marchandise (la roue n’a pas encore été inventée) : le commerce prend son élan, de nouveaux métiers apparaissent. Un nouveau type de population qui ne se consacre pas uniquement à la production de denrées alimentaires, mais à l’échange des biens, des idées fait alors son apparition. Par ailleurs, une architecture différenciée marque une forme de pouvoir centralisée ainsi que le début d’une hiérarchisation de la société. Cette dernière possède une organisation complexe mais comporte notamment trois grandes classes : les notables et la noblesse terrienne, les classes moyennes et pauvres et enfin, les serviteurs et les esclaves. Les professions se spécialisent et apparaît la rémunération en échange d’un service, c’est l’invention du salaire. Au niveau du commerce, se développe un libre-échange sous haute surveillance : En échange de ses produits agricoles, la Mésopotamie importe les matières premières. Un trafic international, régi par des traités, se met en place avec ses hommes d’affaires, ses banquiers etc…

Des cités-états à l’empire : S’étant proclamé roi, un notable réunit sous son autorité l’ensemble des cités-états de la Mésopotamie et, affichant ses prétentions à l’universalité, trace la voie à ses successeurs. La royauté est ainsi l’institution politique centrale, qui forme le fil conducteur reliant plus de deux millénaires d’histoire. Mais, des monarchies héréditaires ou électives des petites cités-états sumériennes aux grands rois babyloniens à la tête d’un gigantesque empire, la figure du roi a lentement évolué tandis que se renforçait l’Etat et son administration. Ainsi, une dissociation s’installe progressivement entre les fonctions royales et religieuses, ainsi qu’une vocation de la Mésopotamie à être unifiée et enfin, l’instauration d’une administration efficace et centralisée sur l’ensemble du pays des deux fleuves. La seule limite à l’immense pouvoir royal est l’obligation de reconnaître la primauté des Dieux et des traditions qui les honorent. La Mésopotamie nous a ainsi légué deux innovations politiques majeures : l’idée d’une double légitimité, humaine et divine du souverain ; et celle d’empire universel, voué à unifier l’ensemble du monde connu.

2-la maîtrise de la pensée et du savoir

1-l’écriture : introduite pour faciliter l’enregistrement des transactions commerciales, pour répondre aux nouveaux besoins administratifs de l’Etat. Cependant, la symbolique utilisée, élaborée, intègre des éléments grammaticaux, permet de désigner des objets et d’exprimer des concepts : ainsi, l’écriture renouvelle l’appréhension du réel. Par ailleurs, elle permet de garder une trace d’expériences passées et de s’appuyer sur cette mémoire pour se projeter dans l’avenir. Le sumérien est transcrit dans une écriture mixte combinant des signes-mots et des signes-syllabes.

2-les lois : les 282 paragraphes du code de Hammurabi sont le plus ancien recueil complet de textes juridiques retrouvés. Qui étaient les juges ? Des gouverneurs de province, des membres d’institutions locales de « sages » ou encore des personnes privées reconnues pour leurs compétences juridiques. Le juge rend son verdict sur les preuves écrites ou les témoignages sous serment et produit des documents authentifiés officiellement. Le roi répond ainsi au souci de garantir une certaine cohésion du tissu social.

3-la médecine :  « l’exorciste et le clinicien » : le premier est un membre du clergé expert en magie, un prêtre aux connaissances encyclopédiques en charge de la partie religieuse de la médecine. Le second est ce qui correspond le mieux à notre définition du médecin. « Faut-il voir dans telle fracture la main du dieu, du diable ? Si le malade est coupable d’une faute, les praticiens sont là pour établir un diagnostic et prescrire un remède.

4-les mathématiques :  les Mésopotamiens étaient d’habiles calculateurs. Leur système de numération est le plus ancien de l’histoire de l’humanité, avec celui d’Egypte. (3350 ans avant J-C) Par ailleurs, un outil mathématique, l’algorithme, leur permettait de résoudre des problèmes complexes. La plupart des tablettes mathématiques étaient destinées à l’apprentissage des scribes, en vue d’un travail dans l’administration ou le commerce. Cependant, à partir du 1e millénaire avant notre ère, les mathématiques furent utilisées en astronomie, pour prédire les éclipses de planètes.

5-l’astronomie : afin de mieux décrypter les massages divins, les Mésopotamiens ont observé et  noté les mouvements des planètes dans un ciel qu’ils ont couvert de mesures. Ils ont inventé le zodiaque. De plus, dès le 6e siècle, ils découvrent que des calculs mathématiques sont capables de prédire la position d’un astre ou l’occurrence des éclipses. Mais cette astronomie reste purement empirique et ne propose aucun modèle planétaire. Croyance aux messages divins et pensée rationnelle vont de pair : dans une région aussi tiraillée que la Mésopotamie, l’enjeu politique de cette « astrologie d’Etat » est grand. Par ailleurs, il faudrait parler « des calendriers » mésopotamiens plutôt que d’un calendrier mésopotamien, tant la manière de mesurer le temps a été différente selon les époques, les cités et les besoins. Et finalement, c’est indirectement, par l’intermédiaire des Grecs que nous sommes liés aux Mésopotamiens pour la mesure du temps.

3-croyances et imaginaire

1-religion : la Mésopotamie a intégré les hommes et leurs dieux, qui sont plus d’un millier à peupler, sans hiérarchie stricte, le panthéon. La culture suméro-akkadienne établit un lien direct entre les phénomènes naturels, les forces et énergies présentes dans le monde et les divinités. Dès les époques les plus anciennes, chaque région, chaque cité a son propre panthéon : des dieux que l’on vénère et que l’on craint tout à la fois. Pour les mésopotamiens, la religion est aussi le langage qui sert à dire et à expliquer le fonctionnement du réel. C’est seulement avec les Grecs, que sera fait ce pas décisif qui consiste à se dire que l’on peut penser le réel sans utiliser de concepts religieux.

2-l’épopée de Gilgamesh : des tablettes d’argile mésopotamiennes nous font connaître des mythes authentifiés. Ces textes dévoilent la mentalité mésopotamienne avec les peurs, les espoirs, les valeurs de la civilisation. Parmi ces mythes, l’épopée de Gilgamesh occupe une place à part. Ce mythe raconte la quête d’immortalité de Gilgamesh, roi de la cité d’Uruk. L’expansion du mythe fut considérable, on a trouvé des tablettes en-dehors de la Mésopotamie, jusqu’en Turquie, Israël, Syrie. Dans la civilisation mésopotamienne, l’au-delà n’est pas présenté comme un monde idyllique et attrayant. Les mésopotamiens placent leur espoir dans cette vie-ci. Gilgamesh a survécu à la fin de la civilisation mésopotamienne. On en trouve des échos dans la littérature grecque et plus tard, dans certains écrits juifs et chrétiens.

3-de Gilgamesh à la Bible : la Mésopotamie éclaire-t-elle la Bible ? En effet, les récits mésopotamiens et bibliques présentent des analogies certaines. Faut-il y voir l’influence des premiers ou le signe d’une appartenance à une culture commune ? Les analogies existent mais peuvent avoir différentes explications. Si certains rapprochements témoignent d’une influence directe, d’autres sont le signe que le peuple de la Bible participe à la même culture proche-orientale que celle dont témoigne la littérature mésopotamienne.

 

 

 

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