antijudaïsme

Publié le par marie m

ANTIJUDAÏSME

 

L’antijudaïsme signifie l’hostilité à l’égard de la religion juive. Au sens strict, l’antijudaïsme ne peut être confondu avec l’antisémitisme, bien que tous deux s’influencent mutuellement. L’antisémitisme désigne une attitude hostile vis-à-vis des Juifs en tant que peuple au-delà d’une stricte dimension religieuse.

1-Définition

La Genèse de l’antisémitisme insiste sur le fait qu’il n’existe ni antisémitisme ni antijudaïsme avant l’ère chrétienne. L’extrême méfiance des Egyptiens envers les Hébreux, à certaines époques, se confond avec leur hostilité envers les Perses.

Par la suite, les Romains sont venus soumettre Israël. Tout en étant tolérant sur le plan religieux, ils étaient heurtés par le refus des Judéens d’accepter dans leur Temple toute statue de « leur divin empereur ». Une grande révolte se déclara en 66, et la Judée fut écrasée par les armées de Titus. Le Temple, qui avait été construit sur les bases du Temple de Salomon, fut détruit en 70.

2- Antijudaïsme chrétien dans l’histoire

1-Dans l’Eglise primitive : Au début du christianisme la plupart des premiers disciples de Jésus Christ (« fils de Dieu ») étaient des juifs de Palestine. A l’époque de Jésus de Nazareth, la réalité juive se composait déjà d’une très importante diaspora disséminée dans l’empire romain, de même qu’il existait une importante communauté juive hellénisée en Judée. Les premiers disciples de Jésus, surtout ceux de tendance hellénisante, se distanciait du judaïsme auquel pourtant ils se sentaient attachés, et firent l’objet d’agressions.

Après la première guerre judéo-romaine et la destruction du Temple, un pharisien* fonda l’académie de Jamnia et constitua le canon de la Bible hébraïque. Le synode* de Jamnia (90-100), accentua la rupture entre le judaïsme et le christianisme. La réforme et la structuration de la religion juive fut alors le fait des seuls pharisiens qui s’opposèrent alors aux courants déviationnistes du judaïsme. Dans la doctrine des douze apôtres, rédigée dans les années 70 environ, on ne trouve aucune mention offensante pour les juifs. Toutefois, une partie des juifs n’acceptaient pas le « bonne nouvelle », la Nouvelle Alliance, s’opposant parfois avec violence aux primo-chrétiens.

2-Constitution de la doctrine chrétienne : Il faudra plusieurs décennies pour que se constitue et se formalise la tradition apostolique*, puis, au-delà, le canon* des textes apostoliques. Aux 3e et 4e siècles, le judaïsme et ses tenants, considérant Jésus comme un simple mortel, devient un opposant au christianisme.

3- Haut Moyen Age : Pendant tout le haut Moyen Age, l’étude du Talmud resta tolérée dans l’Occident chrétien, avec vigilance, et ceci jusqu’au 13e siècle. Les sources concernant la période antérieure aux invasions arabes du 8e siècle sont rares. Nous savons que les premières communautés juives s’installèrent en Gaule dès la fin de l’Antiquité. Certains évêques s’engagèrent dans une politique de conversion. Toutefois, le pape Grégoire le Grand mit en garde deux évêques en 591 contre les baptêmes forcés. Les Pères de l’Eglise catholique romaine, notamment saint Augustin, ont présenté les juifs comme une preuve vivante de l’existence du Christ, ceux qui, par leur dispersion, par leur abaissement et par leur servitude, témoignent de la vérité de la religion de Jésus Christ (la doctrine du « peuple témoin » de saint Augustin).

Après les invasions arabes du 8e siècle, et avec la naissance de l’empire carolingien, les juifs furent tolérés. Le droit traditionnel juif continua, comme sous l’Empire romain, à régler les rapports intérieurs de la communauté israélite. Chez les chrétiens, on s’appuyait surtout sur le droit romain quand il s’agissait de protéger les juifs ou de « penser » leur présence au sein d’une société massivement chrétienne. Seuls certains clercs insistèrent sur la responsabilité des juifs dans la mort du Christ (« peuple déicide », peuple méprisé), en mettant en garde les chrétiens contre une religion susceptible de tenter (dans le sens religieux du terme) certains d’entre eux.

4- Entre la première croisade  et la Renaissance (cf. annexe 3) : Dans le contexte de l’essor urbain qui marqua l’Europe à partir de la fin du 11e siècle, l’antijudaïsme purement religieux prit une forme sociale. La Première Croisade poussa vers la Terre Sainte des foules considérables de croyants qui voulaient libérer Jérusalem des « infidèles » et ouvrir la route vers la Terre Sainte fermée par les Turcs. L’amalgame entre « infidèles » et juifs ou musulmans dans l’esprit de certains croisés s’est accompagné de l’intention de faire payer aux Juifs la mort du Christ.

Les communautés juives de Rhénanie constituaient au 11e siècle le principal centre de peuplement juif en Europe. Mayence était un centre religieux à la fois pour la chrétienté et pour le Judaïsme : Mayence était un centre d’étude talmudique, la communauté juive de Mayence était considérée comme la « fille de Sion » et la synagogue était considérée comme un symbole du temple de Jérusalem.

Cela n’a pas empêché que, sur le plan intellectuel, au 12e siècle, des juifs participent aux travaux de traduction de l’œuvre d’Aristote*, avec des Arabo-musulmans. Pierre Abélard* posa les fondements de la scolastique* avec des philosophes arabo-musulmans et juifs. Alors qu’au siècle suivant l’antijudaïsme évolua en se durcissant, on découvre dans l’œuvre de saint Thomas d’Aquin* une réconciliation des pensées musulmanes, juives et chrétiennes à travers la philosophie d’Aristote.

Par la suite, le monde nouveau, né des croisades vit l’essor du grand commerce international et l’arrivée des chrétiens dans les métiers du commerce. Les juifs devinrent alors des rivaux dans la vie économique des 12e et 13e siècles, et furent progressivement mis à l’écart de la société chrétienne.

Le 4e concile du Latran (1215) prit des mesures de discrimination contre les juifs, comme l’obligation de porter un costume spécial et la rouelle*. Les juifs furent alors considérés par le clergé comme responsables collectivement de la mort du Christ. Le prêt à usure devint la cause d’une grande part du sentiment antijudaïque durant le Moyen Age. Cependant, en 1247, le pape Innocent 4 condamnait l’antisémitisme. La politique du Saint-Siège était assez variable vis-à-vis des juifs. Quand la situation des Juifs devenait intenable, l’Eglise les prenait sous sa protection pour préserver ou augmenter ses intérêts ; quand ils vivaient dans l’opulence ou simplement en paix, elle édictait à leur encontre des mesures restrictives ou même infamantes dans le jeu de la concurrence d’une puissance à la fois temporelle et spirituelle. Les représentations artistiques témoignent d’une détérioration très nette de l’image de la synagogue et des juifs du 12e au 15e siècle.

 

Nous savons que saint Louis considérait que les juifs étaient responsables collectivement de la mort du Christ, mais il ne prit pas de mesure physique contre eux. Cependant, à la demande notamment de juifs néo-convertis, qui se plaignaient des invectives contre Jésus-Christ et contre la Vierge que contient le Talmud, une ordonnance royale demandant de brûler le Talmud ainsi que la traque des manuscrits hébraïques furent organisés en 1242 à Paris. Dans l’Empire, les juifs pouvaient bénéficier de la protection de l’empereur, à condition de payer un impôt (« impôt sur les juifs »), remplacé ultérieurement par des taxes versées à des protecteurs locaux. La peste noire (1346-1350) provoqua une vague d’émeutes antijudaïques, d’abord en Provence, puis dans plusieurs parties de l’Europe. On accusa alors régulièrement les juifs d’être responsables de l’épidémie. Après la peste noire, l’antijudaïsme atteint son paroxysme dans l’Europe dominée par des souverains chrétiens. Pendant la reconquête de l’Espagne sur les musulmans, les premières persécutions commencèrent en 1391.

5-Renaissance et 17E siècle : En Espagne, l’Inquisition se mit en place en 1451 et adopta des mesures très sévères vis-à-vis des Juifs convertis, les conversos ou Marranes, qui continuaient à pratiquer leur religion. En 1492, le décret de l’Alhambra força les Juifs à choisir entre la conversion et l’exil. Les juifs espagnols se réfugièrent au Portugal, d’où ils furent à nouveau expulsés par un édit de décembre 1496. Dans ces deux pays, les nouveaux convertis d’origine juive, les Marranes, furent exclus des carrières militaires et ecclésiastiques à partir du milieu du 15e siècle par une série de décrets devant attester la pureté de sang.

Martin Luther a d’abord eu une attitude conciliante avec les juifs, estimant que leur persécution n’était pas conforme aux aspirations chrétiennes. Mais lorsqu’il se rendit compte qu’ils s’opposaient à son enseignement, il écrivit alors : Des Juifs et de leurs mensonges, cette œuvre pouvant être considérée comme le premier ouvrage d’antisémitisme moderne, et comme un « grand pas sur la route de l’Holocauste. »

6-Lumières et Révolution française : A la veille de la Révolution française, les communautés juives en France étaient localisées à Bordeaux (Sépharades) et en Alsace( Ashkénazes). Les juifs étaient également en Avignon, elles étaient assez souvent mal acceptées. Les philosophes des Lumières étaient en général peu favorables aux Juifs, avec quelques exceptions comme Diderot, qui voyait dans le peuple juif un moyen d’ouverture au monde. Voltaire était farouchement antijudaïque. Conscient des racines judaïques de l’Eglise, il voyait dans l’attaque du judaïsme et des juifs un moyen de saper les fondements de l’Eglise. Le courant général de libéralisation en France au 18e siècle profita aux Juifs. En 1791, l’Assemblée nationale vota le décret d’émancipation des juifs, qui obtinrent la condition de citoyen à part entière, avant même les prêtres.

7-Période contemporaine : Malgré le décret de 1791, les juifs n’étaient pas encore intégrés. Napoléon aurait eu de forts préjugés contre les juifs, mais son sens de la cause publique et son opportunisme le poussèrent à les intégrer dans la société française. Dans la seconde moitié du 19e siècle, le contexte de scientisme transforma l’antijudaïsme en antisémitisme, en lui associant des thèses racistes. L’antisémitisme se propageait en Europe de l’Est, avec des pogroms en Russie au début du 20e siècle. Il se manifesta en France avec l’affaire Dreyfus (1894-1906). Du côté allemand, Alfred Rosenberg diffusa l’antisémitisme et donna des bases théoriques à l’idéologie nazie : « Il s’agit de créer une Eglise allemande, ancrée dans les forces issues du sang, de la race et du sol, fondée sur un Nouveau Testament expurgé de superstitions, et libérée de l’Ancien Testament ». Beaucoup de  juifs durent émigrer aux Etats-Unis dans les années 1930, où ils ont trouvé un climat plus favorable.  La position de l’Eglise catholique pendant la Seconde Guerre mondiale fut des plus délicates, car ses responsables savaient que toute protestation risquait d’entraîner des représailles. Il n’en reste pas moins que les silences de trop de chrétiens face aux déportations des Juifs ont interpellé les consciences, alors que le drame de la Shoah se déroulait sans que l’on en perçût ni l’organisation, ni l’ampleur. Des prêtres figurent ans la liste des Justes parmi les Nations.

8-Relations entre le judaïsme et le christianisme aujourd’hui :

-Après- guerre : concile Vatican 2 : Après la tragédie de la Shoah, le Conseil international des chrétiens et des juifs se réunit en 1947 à la conférence de Seelisberg en Suisse, pour étudier les causes de l’antisémitisme chrétien, à l’instigation de personnalités juives et chrétiennes. L’Eglise catholique romaine a reconnu avoir diffusé une culture antijudaïque dans le passé. Le concile Vatican 2 a jeté les bases du dialogue interreligieux avec la déclaration Nostra Etate (1965). Le concile a également affirmé la liberté religieuse dans la déclaration Dignitatis humanae.

-Tentatives d’interprétations :

 a-Querelle d’héritage : Après la destruction du second Temple (70), une première scission se produit : les pharisiens sont d’abord considérés par les chrétiens comme des gens attachés aux traditions, sans voir qu’ils transmettaient aussi la loi orale de Moïse. Ultérieurement, alors que les communautés juives installées en Galilée et en Mésopotamie mettent par écrit la loi orale de Moïse (Talmud de Jérusalem au 4e siècle et Talmud de Babylone au 6e siècle), les chrétiens tolèrent généralement les Juifs, mais ils commencent à s’en méfier, considérant que ce peuple a trahi le Christ à travers le personnage de Judas Iscariote. Les Juifs, en tant que minorité religieuse au sein de la chrétienté, étaient davantage considérés comme des talmudistes s’opposant au christianisme et à la Nouvelle Alliance par des textes tardifs, que comme les grands ancêtres des chrétiens à qui ils auraient transmis leur religion.

b-Approche psychanalytique : Certains ont une approche psychanalytique et accusent le christianisme d’avoir eu longtemps vis-à-vis de son passé, une attitude d’oubli forcé, de désir d’effacement, de rejet et de volonté de faire disparaître le frère aîné juif, supposé davantage aimé du Père. Prétendant alors dépasser le judaïsme, il fallait au christianisme également le rejeter, le résorber, le transformer, l’absorber. Alors, alternativement ce « dépassement » se faisait en forçant à la conversion et en persécutant les Juifs, qui étaient accusés de n’avoir pas su reconnaître le Messie en Jésus. Logique du bouc émissaire : persécuté, il permet aux autres de se rassurer, de se refaire aussi une identité, une grandeur sur son dos. On s’est reporté sur les Juifs qui précisément, avec l’histoire d’Abraham transmise aux trois monothéismes, ont apporté à l’Humanité le message de l’interdit (divin) de porter la main sur l’autre, de faire couler le sang humain, de pratiquer des sacrifices humains.

- Interprétation de la Bible :

La Shoah a poussé certains exégètes chrétiens à s’interroger sur les causes de l’antijudaïsme jusque dans les textes. Afin de comprendre dans quelle mesure les textes de la Bible peuvent être interprétés d’une façon hostile aux juifs, il est nécessaire de connaître le contexte historique lors de la prédication de jésus.

- Autres interprétations :

La théologie de la substitution qui a longtemps prévalu s’est concentrée sur certains passages du Nouveau Testament, pour présenter l’Eglise comme le « véritable Israël ».

- Position actuelle de l’Eglise catholique :

Les rencontres d’Assise permettent d’approfondir les points de convergences du christianisme avec les autres religions. Depuis 25 ans environ, de nombreuses études approfondissent la judéité de Jésus, et remettent en cause un très grand nombre d’idées reçues sur le christianisme ancien. En 1986, le pape Jean-Paul 2 a visité la Grande Synagogue de Rome, ce qui fut la première visite d’un pape dans une synagogue depuis les premiers siècles. En 1991, le nouveau catéchisme promulgué par Jean-Paul 2 précise :  « Les Juifs ne sont pas collectivement responsables de la mort de Jésus. » En 1993, le Vatican reconnaît officiellement l’Etat d’Israël.

-Exception à l’antijudaïsme :

En dépit de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme chrétien qui se confondent jusqu’au concile de Trente, les sources juives ont toujours été reconnues dans le christianisme.

3- Antijudaïsme juif

Bien que cela puisse paraître paradoxal, on doit considérer comme appartenant à l’antijudaïsme un certain nombre de penseurs se réclamant de leur origine juive qui ont écrit des œuvres ou milité contre la tradition judaïque, ses dogmes, ses rites, sa morale, tout particulièrement les philosophies athées.

4- Contentieux judéo-musulman

1- Le statut de dhimmi : Il y a eu des périodes de tolérance relative durant lesquelles les Juifs ont pu prospérer intellectuellement et économiquement de façon significative et exercer une influence politique certaine au sein des gouvernements islamiques. En fait, « l’Age d’Or » des Juifs sépharades, qui a coïncidé avec l’apogée de la civilisation islamique au Moyen-Age n’a pas été sans provoquer envie et hostilité parmi les musulmans face à l’influence croissante des juifs et à leurs succès socio-économiques notables. Il s’agit simplement, au départ, de rivalités et concurrences socio-économiques justifiées à posteriori avec des arguments religieux et des fabulations.

Le statut légal des juifs et des chrétiens sous domination islamique dans l’ère prémoderne, était essentiellement celui de « dhimmi »(peuple protégé), dont les religions étaient officiellement reconnues par les autorités. En s’acquittant d’une taxe, ils pouvaient exercer librement leur religion, jouir d’un certain degré de sécurité personnelle, et fonder leurs propres organisations communautaires. Mais la protection accordée aux »peuples du Livre » était accompagnée d’une forme d’assujettissement. La « tolérance » dont ils bénéficiaient était limitée à l’intérieur d’un cadre social étroit qu’ils ne pouvaient transgresser ; discriminations et interdits soulignaient constamment la supériorité et la préséance des musulmans sur les juifs et sur les chrétiens. Il faut dire toutefois que le sort des juifs soumis au statut de dhimmi, malgré toutes ses conséquences douloureuses, était somme toute plus enviable que celui de leurs coreligionnaires vivant en terres chrétiennes du « Contentieux judéo-catholique romain ». Plus sûrs et plus confiants en eux-mêmes, les musulmans de l’époque médiévale n’éprouvaient pas la même obsession que celle qui habitait leurs homologues chrétiens, refusant de reconnaître le judaïsme en tant que religion.

Le Coran met l’accent sur le fait que les juifs ont rejeté Mahomet alors même, selon des sources musulmanes, qu’ils reconnaissaient sa qualité de prophète, sous prétexte qu’il n’était pas juif. Ce comportement est encore présent aujourd’hui, comme la preuve du caractère « fourbe, perfide et intriguant » du juif tel qu’il est décrit dans le Coran. Ainsi se propage, de nouveau, dans le monde musulman, le mythe du complot.

2- Source psychologique du contentieux judéo-musulman : Par la très grande proximité de langue et de rite et par le même milieu de vie, il se crée une oscillation indissociable d’effroi-fascination mutuelle du semblable-différent représentatif.

3- Source historique et théologique du contentieux : L’Islam se range parmi les trois grandes religions monothéistes mais ce n’est pas « une religion du Livre ». Selon l’Islam, la Révélation divine tient en quatre livres successifs : la Torah de Moïse, les Psaumes de David, les Evangiles de Jésus, enfin le Coran de Dieu lui-même. Chaque livre complète et annule les précédents. En accusant les juifs et les chrétiens d’avoir déformé leurs livres, l’Islam d’aujourd’hui considère que le Coran est le seul livre révélé à notre disposition. Sensible à la théologie juive, Mahomet s’en inspire au commencement dans ses recommandations sur le jeûne et les interdits alimentaires relatifs au porc. Il adopte le calendrier lunaire des juifs, il prescrit à ses fidèles de se tourner vers Jérusalem pour la prière. Il n’empêche que trois des quatre communautés juives de Médine persistent dans leur refus de se convertir à la nouvelle foi. Ces juifs reprochent en particulier à Mahomet de détourner le sens des textes bibliques. Le 11 février 624, une révélation divine enjoint à Mahomet et à ses disciples que la prière rituelle se fasse désormais en se tournant non plus vers Jérusalem, mais vers la pierre noire de la Kaaba*, le sanctuaire des idolâtres de La Mecque. Le fossé se creuse…

 

4-Historique : Alternativement persécutés et tolérés, voire appelés pour leurs talents, l’histoire de l’Europe, comme celle du Maghreb depuis la plus haute Antiquité, est inséparable de l’Histoire des Juifs. Dans les périodes d’accalmie , leurs talents et leurs savoirs, étaient parfois reconnus, utilisés, à la mesure de la reconnaissance de leur utilité pour la société. Certains, dans l’Espagne médiévale principalement, furent appelés périodiquement par les souverains à de hautes charges, jusqu’à devenir conseillers du prince.

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