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Deuxième Partie : La Russie entre guerres et révolutions
Chapitre un : 1905 : « révolution manquée » ou « répétition générale » ?
Pourquoi 1905 n’a -t-il pas été le 1789 russe ? Pourquoi les mouvements révolutionnaires bourgeois, paysans, ouvriers, libéraux, démocrates, socialistes n’ont-ils pas réussi à s’unir ? Peut-on parler d’une « répétition générale » de 1917 (Trotski), révélatrice du potentiel révolutionnaire du peuple, dont les dirigeants socio-démocrates tirent de précieux enseignements ?
La crise économique de 1901-1903 et la guerre russo-japonaise de 1904-1905 ont créé une situation explosive en Russie.
1-Diversité des voies de la Révolution
a-Les espérances des libéraux et des démocrates : le mouvement libéral en 1905 revêt deux formes d’organisation révélant ses divisions. D’un côté, les représentants des zemstvos ne songent qu’à créer une chambre consultante afin de faire connaître leurs vœux. Adeptes d’une monarchie constitutionnelle à l’allemande, ils ne veulent pas rompre avec le tsar. D’un autre côté, les libéraux « démocrates » organisent des « unions professionnelles », interdites jusque- là, et prônent des objectifs plus radicaux comme la création d’un Etat de droit, le suffrage universel et une Constituante.
b-Grèves industrielles et soviets ouvriers : le monde ouvrier se radicalise de façon spectaculaire et s’affirme vite comme la force la plus dynamique et la plus novatrice. Pour canaliser le mécontentement, le pope Gapone, président du syndicat officiel, la Société des Ouvriers russes, lance une pétition au tsar. Il lui est demandé de libérer le peuple de la misère et de l’oppression du Travail par le Capital. L’immense manifestation populaire portant la pétition au Palais d’Hiver est mitraillée. L’image du tsar-petit-père est brisée, les ouvriers se sentent libérés de toute soumission au régime. Ils ressentent le besoin de s’organiser. Le « soviet » apparaît comme un nouveau modèle d’organisation ouvrière. Il devient la nouvelle forme de démocratie directe, un peu comme la commune paysanne. Les Mencheviks estiment qu’au cours de cette première étape bourgeoise de la révolution, le prolétariat doit acquérir maturité et conscience pour préparer la future révolution socialiste. Les soviets sont susceptibles d’éduquer les ouvriers et de former les futurs cadres du parti de masse. La classe ouvrière est devenue pour Lénine, la nouvelle force qui doit diriger la révolution démocratique et briser l’unité de la bourgeoisie par une « alliance révolutionnaire démocratique » avec la paysannerie anti-féodale.
c-Mouvements paysans et troubles agraires :